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Interview de Marc Casteignau, directeur de l'écomusée de la Grande Lande

02/04/2007
L’écomusée de la Grande Lande est situé dans le Parc Naturel des Landes de Gascogne au cœur du massif forestier aquitain. Son site principal, Marquèze, est implanté à Sabres. Pour la construction de son nouvel équipement, c’est naturellement vers le pin maritime que se sont tournés les élus du Parc.
Pour Mediaforest, c'est l'opportunité d'aborder concrètement la construction en pin maritime et de s'intéresser à l'histoire d'un territoire lié au paysage de la forêt.


Marc Casteignau, directeur de l'écomusée de la Grande Lande, répond aux questions de Mediaforest.

Mediaforest : Le pin maritime est le matériau principal de construction utilisé pour le nouveau Pavillon de Marquèze. Est-il aussi le sujet de l’exposition qui s’y déroulera ?

Marc Casteignau : Le pin maritime en tant que produit n’est ni le principal propos de l’écomusée, ni celui de l’exposition permanente du nouveau Pavillon, mais il est avant tout étudié en tant qu’élément du paysage et témoignage de la transformation de la société. On aborde le pin maritime dans ses différents produits d’exploitation dans le cadre de l’exposition, mais il ne fonde pas l’exposition. Marquèze a une approche socio-historique de la Grande Lande. C’est un territoire particulier. Il est le dernier à avoir été touché par la forestation du massif aquitain. Avant, il s'agissait d'un système agro-pastoral.
La forestation a entraîné de profonds changements sociaux. L’homme a modifié l’économie de ce territoire et son environnement. En retour, la société et les rapports entre les hommes ont été complètement métamorphosés. Le discours du Pavillon de la Grande Lande se concentre sur les temps forts de l’aménagement et de la transformation du territoire au cours du XXème siècle par les hommes.
L'histoire que retrace le Pavillon commence dans la Grande Lande à la fin du XIXème après que ce territoire soit passé d’une économie autarcique à une économie marchande avec la forêt résinière. Au XXème siècle la forêt devient primordiale pour le bois et le papier. Durant les Trente Glorieuses, l’agriculture industrielle se juxtapose à l’activité sylvicole et à l’exploitation du bois transformant le paysage de manière sensible. Aujourd'hui, les perspectives qui seront exposées au Pavillon indiquent plusieurs axes quant au développement du massif forestier et aux enjeux complexes qui le traversent.

MF : Le pin maritime s’intègre à l’exposition historique en tant qu’élément du paysage, est-ce aussi le cas sur le plan architectural ?

MC : Nous construisons un Pavillon atypique dans le paysage architectural du Parc Naturel des Landes de Gascogne. Nous avions pour objectif un dessin qui s’intègre à l’environnement tout en disposant de volumes importants. Or l’architecture du territoire est plutôt caractérisée par la modestie. Il n’était donc pas permis de réaliser un bâtiment monumental sans tenir compte de cette exigence d’équilibre et pourtant certaines pièces mesureront 6 mètres sous plafond et la longueur du bâtiment sera supérieure à 100 mètres de long.
Bruno Mader a parfaitement répondu à cet impératif. Il a dessiné des lignes brisées afin de rendre la forme générale du bâtiment discontinue et éviter un ensemble monumental. Pour ancrer le projet dans le territoire, les pans de toiture sont également variés, mais c’est aussi une constante de l’architecture traditionnelle. Au final, le bâtiment s’inscrit dans le paysage et la tradition culturelle.
Avec ce dessin tout en arcs brisés, le pin maritime exprime toute sa souplesse. Ce bâtiment est la preuve que le discours frileux doit appartenir au passé. Le pin est un matériau au potentiel architectural très ouvert. Il doit donc prendre toute sa place car il répond parfaitement aux contraintes de la construction au même titre que n’importe quelle essence.

Vue virtuelle : le pavillon des Landes de Gascogne

MF : Le Pavillon des Landes de Gascogne imprimerait la souplesse du pin maritime, alors que la Cité du Bois, à Mimizan, exprimerait la solidité du pin maritime. Que pensez-vous de cette approche et pensez-vous que ces deux réalisations soient complémentaires ?

La Cité du Bois est totalement complémentaire du Pavillon des Landes de Gascogne. Le Pavillon développe une approche socio-historique d’un territoire. La Cité du Bois s’intéresse à un produit naturel avec une approche technico-économique. Notre Pavillon plonge dans l’histoire récente jusqu’à aujourd’hui pour comprendre le rapport de l’homme à l’environnement et sa manière d’aménager le territoire, la forêt étant un élément de cette réflexion. La Cité du Bois s’inscrit dans le présent à travers le matériau pin maritime et ses techniques porteuses d’innovation et de personnalisation de l’habitat.
L’enjeu, à travers la valorisation de l’essence, quel que soit son degré, est bien de soutenir le développement de l’habitat individuel bois. C’est la volonté des élus des communes du Parc Naturel Régional et du Pays des Landes de Gascogne et cette volonté est partagée au-delà.

Pour plus d'informations : http://www.parc-landes-de-gascogne.fr/ (Lien externe)


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